AG2R - 27.04.10
Option ou non-option, telle est la question !
Mode furtif pour Bernard Stamm et Gildas Mahé ! Juste après avoir passé la marque des îles Canaries en onzième position, le Figaro Cheminées Poujoulat a choisi de disparaître du classement pour 24 heures... L'occasion de jouer une option ?
"Aujourd'hui, on passe en mode furtif, c'est-à-dire qu'on se cache des petits camarades ! " Contacté ce matin, Bernard se fait taquin. Cheminées Poujoulat va donc jouer les bateaux fantômes jusqu’à demain. Mais pourquoi maintenant ? "Pour tenter une option, ou une non-option. Et puis comme ça c’est fait. On aura plus à se questionner le moment opportun pour utiliser ce mode furtif », ironise Bernard.
Plus sérieusement : "S'il y avait bien un moment où des options pouvaient se dessiner, c'était au passage de la porte. On avait donc prévu de faire du furtif à ce moment-là" explique Gildas.
Le duo, qui file dans des alizés bien établis, compte bien utiliser ce mode furtif pour revenir, sur les premiers. Car, à un tiers du parcours, les écarts entre concurrents sont encore faibles. Ce matin, avant de disparaître du classement, Cheminées Poujoulat avait 80 milles de retard sur le leader après avoir cravaché toute la nuit avec de très jolies pointes de vitesses. Gildas : "Il peut se passer plein de choses. La moindre petite erreur peut changer le résultat final. On a beau croire que c'est tout droit, la voile, ce n'est jamais comme ça. C'est vrai qu'on n'est pas au contact des premiers, mais on passe justement en mode furtif pour attaquer !"
Attaquer, et avec le sourire en prime ! "On a encore tout notre potentiel," affirme Bernard. "Tout va bien à bord, Gildas a l'air content." Et l'intéressé confirme énergiquement: "L'ambiance est excellente ! On fait avec les petits soucis techniques du bateau, mais il n'y a rien de majeur à déplorer."
Alors rendez-vous dans 24 heures pour savoir ce que Bernard et Gildas ont derrière la tête... "On va se cacher. On met la tête sous le sable, comme l'autruche !"conclut mystérieusement Bernard. Si tant est qu’il trouve du sable au milieu de l’Atlantique. Mais, méfions-nous de l'autruche qui dort, il s’avère que ce drôle de bipède est aussi connu pour ses redoutables sprints.
Jour 8
La journée a bien commencé avec le classement de 5h qui tombe, après une nuit de surf endiablé. Nous avons un peu gagné dans la nuit et sommes parmi les plus rapides. C'est plutôt une bonne nouvelle, il apprend vite à la barre le nanar, déjà qu'il n'a plus beaucoup de points sur son permis là il va falloir faire un stage de rattrapage après ses excès de vitesse de la nuit !
Au programme de la journée du repos pour le quart off et de la concentration pour le barreur afin de tirer au mieux parti du vent mollissant. Le jeu consiste à aller le plus droit possible vers le waypoint de La Palma sans se poser trop de questions.
Après nos reportages animaliers du début de course, nous voilà alors lancés dans le guide touristique avec la promotion de Selvagem pequena (la petite sauvage si je traduis bien), minuscule îlot dans le NE des Canaries. Sauf que cette petite île au milieu de nulle part est juste sur notre route et nous voilà en train de faire du rodéo entre les cailloux. Juste le temps de repérer la zone de mouillage pour de futures croisières et nous sommes déjà repartis non sans quelques frayeurs. La nuit a été plutôt calme.
Jour 9
L'arrivée sur La Palma au petit matin du 9e jour marque le début d'une nouvelle section de parcours, la grande traversée vers St barth. Il faut désormais faire des choix de route à grande échelle et cela risque d'éclater un peu la flotte. Nous passons en mode furtif pour 24 heures, donc le message du jour sera également furtif !
On vous donne rendez-vous demain pour le petit journal du jour 10
@+
Bernard et Gildas
AG2R - 25.04.10
Le petit journal de Cheminée Poujoulat : Jour 1 à 7
Jour 1 : ambiance concentration max pour ce départ dans peu de vent et avec beaucoup de public sur l'eau comme à terre ; le cap Fréhel bondé de la route du rhum sera bientôt remplacé par la mythique pointe du Cabellou !
Nous nous sortons en bonne posture de la baie pour attaquer le côtier le long du pays bigouden. Quand nous quittons la terre devant Lesconil nous sommes 3e, en route au 250. Tout allait bien quand l'ordi se met à fumer et sentir le plastique, s'en est fini pour lui, va falloir gérer autrement, du coup on a passé la première nuit à bricoler pour installer l'ordi de spare qui ne fonctionne pas correctement.
Jour 2 : bord de vitesse sous spi pour aller chercher le point d'empannage dans l'ouest et faire route vers le large du cap Finistère. Au contact depuis le départ avec le bernik de nevez (luisina), Cercle vert est désormais revenu au contact, nous sommes 4e en soirée à l'approche du contournement du cap, 50 milles au large pour limiter le dévent. Dans la nuit c'est largue serré dans un vent mollissant, peut-être un peu trop prés du cap et de son dévent. On découvre petit à petit les victuailles du garde manger. Les repas sont préparés dans des sachets journaliers numérotés pour gérer au mieux la durée de la course et les poids embarqués, et oui pas de frigo ni de supermarché sur la route, c'est d'ailleurs le cas pour tout, gasoil, fringues…
Jour 3 : Toujours du largue serré, ça déboule sous petit spi mais la vitesse n'est pas terrible ; les safrans décrochent souvent et on part au tas comme on dit dans le jargon. Europ. assistance et cercle vert nous décrochent un petit peu dans le vent forcissant mais on s'accroche bien et on revient au contact le soir quand ca mollit de nouveau. On est content d'être là au contact des meilleurs pour notre première course ensemble et la première de Bernard en Figaro. Une bulle dépressionnaire sans vent se profile sur la route, il faut dés maintenant se placer pour celle-ci et pour l'anticyclone qui nous concernera plus tard. Dans la nuit cercle vert choisit l'ouest, Poujoulat le centre et Europ assistance l'est, la vraie course au large est lancée, les concurrents ont disparu autour de nous. Les routages prévoient 10 jours du départ aux canaries, un record de lenteur à ma connaissance.
Jour 4 : Savéol est sous notre vent par le travers à environ 3 milles au lever du jour alors que nous faisons route au sud en bâbord amure, le soir il est 3 milles devant alors que le bateau marche bien, nous n'avons simplement pas les mêmes conditions de vent. Le vent stable nous permet d'utiliser le pilote et de se concentrer sur les réglages. La bulle arrive en début de soirée et il faut la gérer au mieux afin de gagner vite la pression de vent qui revient par le sud. Toute la nuit c'est la bataille dans des vents erratiques et instables.
Jour 5 : Le pointage de 5 h nous confirme nos craintes Savéol s'est barré et possède désormais 11 milles d'avance, la situation devient délicate à gérér dans la journée d'autant que le vent de NE diffère du vent de NO annoncé par les fichiers météo. C'est dans ce contexte que les gars de l'ouest et savéol creusent l'écart alors que nous nous creusons la tête pour savoir quel oiseau de malheur peut apporter un tel vent. On lève la tête et là un rapace paumé au large perché sur notre tête de mât, c'est pas possible, il va nous flinguer notre girouette électronique en plus mille milliards de mille sabord! Les cartes fax auraient peut-être pu nous éclairer sur ce vent mais il faut en faire le deuil suite à nos soucis d'informatique. Par-dessus le marché c'est la croix et la bannière de faire fonctionner l'iridium pour obtenir les fichiers gribs, Bernard y passe souvent 3 bonnes heures de bidouilles diverses pour récupérer 2 pauvres fichiers pas du tout conformes à la réalité en ce qui nous concerne, pas besoin de vous faire un dessin sur le niveau de fatigue et de stress que cela engendre.
Jour 6 : De pire en pire, la pétole, la pétole, la pétole jusqu'en début d'après midi. Et rien à faire pour sortir de là, Savéol se barre toujours, 88 milles d'avance sur nous malgré la même trajectoire centrée, simplement rageant ! l'après midi le vent revient, on se sent soulagé car ça sent la porte de sortie de cette foutue bande de molle, au portant avec le vent qui rentre régulièrement. Aspect sympa et rassurant de notre métier de navigateur, nous voyons depuis notre départ beaucoup d'animaux de toute sorte : dauphins, baleines, oiseaux, tortues ; et même des oiseaux qui viennent visiter l'intérieur du bateau dans ses moindres recoins.
Moment de détente dans la soirée, on échange en VHF avec Gwen Riou et Eric Péron, l'occasion rêvée de se raconter quelques blagues Bigoudènes dont je vous tairais le contenu ici.
Jour 7 : c'est la grande glissade sous spi, au moment même où j'écris nous sommes à 450 milles des canaries à la vitesse moyenne de 10-11 nœuds droit vers le but. Nanar est à la barre, il fait bronzer son corps d'athlète avant que la chaleur alizéenne ne nous le proscrive totalement ! Un petit brin de toilette sommaire pour pouvoir se supporter et on va profiter ensemble du thon à l'huile d'olive connétable réservé pour les dimanches de fêtes ! On profite désormais de la vitesse, on fera les comptes sur les concurrents plus tard.
Bonne lecture à tous!
Nanar et Gildas
AG2R - 23.04.10
Cinq jours de course et cinq nœuds de vent !
Pour tenter d'échapper plus vite à la zone de pétole qui ralentit cette Transat AG2R LA MONDIALE, le Figaro Cheminées Poujoulat s'est rapproché des côtes portugaises, misant sur l’option Est qui devrait payer dans les prochains jours. En attendant de toucher du vent frais, Bernard Stamm et Gildas Mahé restent à l'attaque sur le pont.
Les 25 concurrents étalés d’Est en Ouest se surveillent tous du coin de l’œil. Les centristes creusent l’écart, les concurrents de l’Ouest prient pour un revirement de situation et les partisans de l’Est, comme Bernard et Gildas attendent patiemment qu’Eol se décide enfin à souffler dans les voiles. Dès demain les conditions devraient être plus favorables pour eux, reste à espérer que cela suffira à combler le retard accumulé.
Lors de la vacation matinale, Bernard explique leur choix : "La dorsale anticyclonique s'installe et ça va être compliqué pour une bonne partie de la flotte. Nous avons décidé de la contourner et devons vite réussir à passer à l'est pour quitter ce bazar !" Bernard, qui cherche à "s'extirper de la molle" regrette cependant des conditions "très différentes des fichiers de prévision. Le système est compliqué et difficile à analyser proprement." La situation est d'autant plus difficile que l'ordinateur du bord est définitivement hors service : "Ce vent faible m'a donné le temps de démonter l'ordinateur et ça a confirmé les premières impressions. Il y a eu un court-circuit sur la carte mère."
Malgré cette météo piégeuse, le duo qui pointe à la 18ème place, s'accroche. "Nous sommes 'dessus' de toutes les manières possibles. Quand c'est vraiment trop tordu et mou, nous mettons le pilote et réglons les voiles sans relâche. Mais le reste du temps, nous sommes collés à la barre. Tout baigne," assure Bernard.
Dans ce contexte, il se pourrait bien qu’au passage de la porte de La Palma les compteurs se retrouvent à zéro, le suspense est à son comble et risque de durer encore quelques jours.
Dans ce vent léger, l’équipage de Cheminées Poujoulat joue les naturalistes, "nous avons le temps d’observer les dauphins qui jouent avec le bateau et nous avons aussi vu les remous d'une baleine qui a sondé directement", et reçoit même quelques invités pour le dîner. "Hier soir une hirondelle et un petit rapace sont venus se poser à bord. Malheureusement nous déplorons depuis ce matin le décès de notre petite hirondelle". Mais qui donc a préparé la popotte ?
Alors, certes, Il n’y a plus de volatiles à bord de Cheminées Poujoulat, mais toujours “deux drôles d’oiseaux” qui aimeraient bien se voir pousser des ailes !
Fanny Evenat (RIVACOM)
AG2R - 18.04.10
AG2R LA MONDIALE !
Ils sont partis ! Après les traditionnels adieux sur les pontons, les 25 duos engagés dans cette 10e Transat AG2R LA MONDIALE se sont élancés, ce dimanche à 14 heures pétantes, de Concarneau. Devant les étraves des concurrents, 3 890 milles et de très petits airs pour les premières heures de mer.
« Partir, c’est la récompense de longues semaines passées à s’entraîner, à préparer le bateau. Forcément, l’excitation est là ! » lâchait Bertrand Delesne (Trier c’est préserver), ce midi, peu avant d’appareiller. « L’envie de prendre le large est grande mais les sentiments au moment d’un départ sont toujours contrastés. On a hâte de revêtir son habit de marin et à la fois, on l’appréhende. Se lancer sur une transatlantique, ce n’est jamais anodin. Même lorsqu’on a l’habitude, on est un peu tracassin, un peu nerveux… » ajoutait, de son côté, Jean-Paul Mouren (Groupe SNEF). En tous les cas, cette fois c’est fait : la Transat AG2R LA MONDIALE est lancée et bien lancée ! Sous un soleil éclatant, les 25 tandems sont entrés dans le vif du sujet. Comme prévu, cet après-midi à 14 heures, le coup de canon a retenti. Poussés par un léger flux de nord-est soufflant entre 6 et 8 nœuds, les tandems ont salué une dernière fois Concarneau et régalé les spectateurs venus les applaudir à bord d’une multitude de bateaux à moteurs et autres vieux gréements en effectuant un petit parcours en baie d’environ sept milles nautiques. Si Eric Peron et Gwen Riou (Skipper Macif 2009) ont été les plus prompts à s’élancer, ce sont Ronan Treussart et Yannick Le Clech (Lufthansa) qui ont franchi en tête la bouée de dégagement mouillée devant Port-La-Forêt. Attaqués de toutes part sur le bord sous spi qui les a menés jusqu’à la pointe de Beg Meil, les deux hommes se sont vite retrouvés à la bagarre avec Miguel Danet et Damien Cloarec (Concarneau – Saint Bath), Henri-Paul Shipman et Pierre Canevet (Maisons de l’Avenir – Urbatys), Bernard Stamm et Gildas Mahé (Cheminées Poujoulat), Jeanne Grégoire et Gérald Veniard (Banque Populaire), Yann Elies et Jérémie Beyou (Generali – Europ Assistance) ou encore Laurent Gouezigoux et Bertrand Delesne (Trier c’est préserver).
Une météo complexe
En effet, le vent va osciller jusqu’à ce soir entre les calmes et 5 à 8 nœuds de direction très variable. Une situation qui va, vraisemblablement, obliger les concurrents à partir tribord amure pour bénéficier de conditions plus favorables par la suite. Certes, le mise en jambe sera relativement facile mais le jeu stratégique, lui, s’annonce complexe. Il faudra être réactif et concentré. Le challenge sportif est donc lancé. L’aventure humaine aussi.
Bernard Stamm - Communiqué du 28.11.09
Cheminées Poujoulat : Multi coques
L’objectif majeur de Cheminées Poujoulat et de Bernard Stamm est bien entendu le Vendée Globe 2012. D’ici là, l’année prochaine, parallèlement à la construction de son 60 pieds IMOCA Bernard Stamm naviguera, toujours sous les couleurs de Cheminées Poujoulat, mais sur d’autres supports.
Figaro-ci, Class40-là
Il n’est pas question pour Stamm d’attendre patiemment que son nouveau 60 pieds IMOCA soit paré pour reprendre la mer et participer au Vendée Globe 2012. Bernard retrouvera donc le Class40 Cheminées Poujoulat, mais cette fois en solitaire, pour la Route du Rhum-La Banque Postale dont le départ sera donné à Saint Malo le 31 octobre 2010.
Mais avant ce grand rendez-vous automnal, Bernard Stamm fera ses débuts sur un circuit ô combien exigeant, celui du Figaro. Car même si le skipper de Cheminées Poujoulat est aujourd’hui à la tête d’un palmarès impressionnant et possède une expérience de course au large conséquente, jamais, il n’a participé à une course du circuit Figaro sur le Figaro 2.
Le challenge est de taille et, si Bernard a souvent évoqué son envie de ‘faire une Solitaire’, il a aussi toujours dit qu’il lui faudrait s’entraîner énormément pour être à la hauteur du défi. Les plateaux y sont toujours impressionnants et naviguer en monotypie reste une discipline complexe à laquelle Stamm n’est pas encore rompu.
Dès le mois d’avril 2010, le skipper de Cheminées Poujoulat s’alignera donc pour une course en double en Figaro : La Transat AG2R au départ de Concarneau. Le 18 avril, la flotte mettra le cap sur Saint Barthélémy aux Antilles pour un périple d’environ 3700 milles. Soit trois semaines de course à armes égales sur un bateau de 10,10 mètres…
C’est le 27 juillet que la Solitaire du Figaro débutera du Havre, elle s’achèvera quatre semaines plus tard à Cherbourg après quatre étapes*. Cette ‘vieille dame’, comme l’appellent chaleureusement les marins, existe depuis 1970. Elle a révélé les plus grands navigateurs et continue de les attirer dans ses filets à l’instar d’un Desjoyeaux, Le Cam, Le Cléac’h ou autre Gautier qui reviennent régulièrement se frotter aux nombreux jeunes talents dont regorgent la Solitaire.
Confiance et fierté
«Depuis 2003, nous sommes aux côtés de Bernard » explique Frédéric Coirier, le président du directoire du groupe Poujoulat. «Avec lui, nous avons vécu de grandes victoires comme lors de son tour du monde sur la Vélux, et nous avons aussi partagé ses déceptions sans jamais baisser les bras. C’est avec fierté et confiance que nous allons l’accompagner sur de nouveaux défis et dans notre permanente recherche d’excellence et de compétitivité. Le programme sportif de 2010 est passionnant et nouveau pour nous, puisque jamais encore Bernard n’a participé à une Route du Rhum ou à une course du circuit Figaro. Ainsi, en attendant que Le 60 pieds IMOCA Cheminées Poujoulat soit prêt pour la saison 2011 et bien entendu le Vendée Globe 2012, notre aventure commune sur l’eau continue et de la plus belle manière ».
Le groupe Poujoulat occupe le 1er rang européen dans le domaine des conduits de cheminées et sorties de toit métalliques, il est composé de 12 sociétés (dont 6 sites de production) dans 8 pays (France, Belgique, Pays-Bas, Angleterre, Italie, Pologne, Turquie et Allemagne) et exporte ses produits à travers l’ensemble de l’Europe.
Bernard Stamm - La Solidaire du Chocolat
Communiqué du 15.11.09
Telecom Italia et Cheminées Poujoulat complètent le podium
15/11/09 Giovanni Soldini et Pietro d'Ali, sur Telecom Italia, ont coupé la ligne d'arrivée de la Solidaire du Chocolat à Progreso (Yucatan), en 2è position, ce dimanche 15 novembre, à 4 heures 25 minutes et 20 secondes, heure française. Ils ont parcouru les 5 000 milles du parcours à 7,59 noeuds de moyenne. Ils affichent 19 heures 00 minute et 20 secondes de retard sur les premiers, Tanguy de Lamotte et Adrien Hardy sur Initiatives-Novedia. Bruno Jourdren et Bernard Stamm, à bord de Cheminées Poujoulat, les ont suivis de peu. Ils ont terminé à leur tour à 4 heures 44 minutes et 04 secondes, heure française. Ils prennent la 3è place du podium de la course partie le 18 octobre de Saint-Nazaire. 18 minutes et 44 secondes séparent ces deux bateaux après la traversée de l'Atlantique et de la mer des Caraïbes.
Fou, fou, fou…jusqu’au bout ! Les deux duos de Telecom Italia (Soldini-D’Ali) et de Cheminées Poujoulat (Jourdren-Stamm) ont livré un duel d’une intensité rare, assuré le spectacle, et tenu les terriens en haleine… jusqu’au bout de la ligne d’arrivée mouillée sous haute tension dans les eaux du golfe du Mexique. Déjà très proches l’un de l’autre dans les dernières longueurs de l’Atlantique et la porte de Saint-Barth qu’ils ont franchie à 1h 21’ d’intervalle à la faveur des Transalpins, les équipages italien et helvetico-breton ne se lâchent plus, et ne cèdent rien, depuis qu’ils progressent en mer des Caraïbes. Sous ces latitudes tropicales, ils naviguent collés-serrés à des vitesses similaires avec souvent 1 mille pour les séparer dans les lignes du classement. Pas d’histoire à l’eau de rose qui tienne donc sur ces flots turquoise qui nourrissent un imaginaire de piraterie. Bien au contraire : les protagonistes, enragés et survoltés, ont bien joué de tous les coups tactiques possibles et imaginables pour tenter de se départager. Moins de
20 minutes sur la ligne !
Cardiaques s’abstenir ! Un coup à toi à coup à moi au gré des bords favorables, ces tandems de skippers de haute voltige - forts de leurs palmarès long comme des jours sans vent, avec chacun à son bord un vainqueur du tour du monde en solitaire avec escales (Bernard Stamm sur Cheminées Poujoulat et Giovanni Soldini sur Telecom Italia), lui-même épaulé par un virtuose de la régate entre trois bouées - se chamaillent les 2è et 3è places dans les plus belles règles de l’art du match-racing depuis plus de 1 500 milles. Dans la fièvre de ce samedi soir au Yucatan, le suspense est resté entier, il a même redoublé d’intensité dans l’attente du dénouement de ce thriller maritime qui restera dans les annales de la course. Après 5 000 milles (9 260 km) parcourus depuis le départ de Saint-Nazaire dans des conditions extrêmes, seules 19 minutes et 44 secondes séparent ces deux bateaux qui complètent le podium… Fou, fou, fou !
Classement général avant Jury
1 – Initiatives-Novedia (De Lamotte-Hardy) après 26 jours 16 heures et 35 minutes et 00 seconde de course à 7,82 nœuds de moyenne
2 – Telecom Italia (Soldini-D’Ali) après 27 jours 11 heures 00 minutes et 20 secondes de course à 7,59 nœuds de moyenne
3 – Cheminées Poujoulat (Jourdren-Stamm) après 27 jours 11 heures 54 minutes et 04 secondes de course à 7,59 nœuds de moyenne
Les mots chocs du podium : « dure », « difficile », « extrême », « éprouvante »...
15/11/09 Après la victoire des complices d'Initiatives-Novedia (De Lamotte-Hardy), les arrivées des duos de Telecom Italia (Soldini-D'Ali) et de Cheminées Poujoulat (Jourdren-Stamm), dans le milieu de la nuit de samedi à dimanche, complètent le podium de la première édition de la Solidaire du Chocolat entre la France et le Mexique. Une fois encore l'accueil à Progreso et la cérémonie maya offerte aux équipages ont été à la hauteur de la course. « Dure », « difficile », « extrême », « éprouvante » : les qualificatifs sont unanimes pour décrire ce qu'ils ont vécu. La succession de dépressions sur l'Atlantique et le duel en match-racing qu'ils ont livré jusqu'au bout en mer des Caraïbes n'ont en effet laissé aucun répit à ces quatre navigateurs, forts pourtant de leur très solide expérience sur toutes les mers du monde. Seules 18 minutes et 44 secondes les séparent à l'arrivée après plus de 27 jours de course d'une intensité rare. Réactions à chaud...
Giovanni Soldini (Telecom Italia) : « 15 jours de tempête »
« Non, cela n’a pas été une souffrance : c’était une belle course même si elle s’est révélée très dure. Cette transat était éprouvante car il y avait beaucoup de près et donc pas mal de bleus. J’étais bien en mer, le problème c’était les 15 jours dans la tempête. Le bateau a beaucoup tapé dans les vagues et les creux générés par les dépressions en Atlantique. On a malheureusement cassé notre étai, une pièce toute bête au moment où il fallait qu’on gagne dans le sud, mais ça n’a pas été possible. On s’est quand même bien amusé avec Bernard et Bruno car ils étaient toujours avec nous à la bataille. Le parcours est très intéressant, mais on n’a pas eu l’alizé que l’on espérait. C’est une très bonne idée cet aspect solidaire et c’est très intelligent, et nous avons eu un super accueil ici au Mexique. »
Bruno Jourdren (Cheminées Poujoulat) : « La plus difficile et la dernière… »
« Cet accueil, c’est inattendu, magique et cela fait du bien après une course aussi longue et surtout aussi dure. Nous avons quand même essuyé six à sept dépressions à suivre dans l’Atlantique où nous avons rencontré des conditions extrêmes. Sans compter que nous avons été au contact avec Telecom Italia sur 2 000 milles. Et 2 000 milles, ce n’est pas rien : pendant presque 4 000 km, nous n’avons jamais pu relâcher la pression. Nerveusement, on s’en sort toujours, mais physiquement cette course restera très éprouvante. C’est la transat la plus dure que j’ai jamais disputée et heureusement que j’étais avec Bernard avec lequel tout s’est très bien passé et aux côtés duquel j’ai eu plaisir à me bagarrer. Je suis content d’avoir disputé cette Solidaire du Chocolat, mais c’était ma dernière course au large en équipage réduit… Tanguy et Adrien ont très bien navigué, ils ont fait la plus belle régate : ils ont creusé suffisamment d’avance pour la conserver. La relève est en marche… »
Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) : « Aussi belle que dure ! »
« Quel accueil ! C’est très impressionnant d’autant que je ne connais pas le Mexique et que j’ai découvert ici les cérémonies mayas… et je dois dire que je ne savais pas trop ce qu’on nous avait réservé ! Cette course a été aussi belle que dure. Nous avons rarement fait la route directe et les deux semaines de près avec les six dépressions ont été coriaces. A la gîte, on a dû se bagarrer tout le temps : pour s’habiller, pour manger, pour se déplacer, pour aller aux toilettes… Et quinze jours à mariner dans un ciré, ce n’est pas drôle. Quand on l’a retiré, on avait l’impression d’enlever aussi un bout de peau ! Ensuite, quand on a commencé à se réjouir à l’idée d’enfin glisser au portant, on a eu deux jours de copieux grains comme dans le pot au noir. Et puis, il y a eu cette régate de folie avec Telecom Italia qui a duré 2 000 milles et jusqu’au bout. Ce matin, nous étions même revenus à 400 mètres derrière, mais ils ont réussi à nous remettre 1 ou 2 milles. La première fois qu’on s’est retrouvé au contact en Atlantique, c’était plutôt sympa, mais à force cela rajoute un stress supplémentaire. D’habitude le match-racing, cela se passe entre trois bouées et cela dure la journée… Là, c’était une toute autre histoire ! Mais oui, c’est une course à refaire : de toutes façons, cela ne pourra pas être pire ! »
Classement du 15/11/09 à 08H (UTC)
N° | Bateau | Heure | Latitude | Longitude | Dist. à l'arrivée | Ecart / 1er | Vit. | Cap |
ARV | Initiatives – Novedia | 2009-11-14 | 21° 17.39' N | 89° 39.81' W | 0 milles | 0 milles | 0 | 0 |
ARV | Telecom Italia | 2009-11-15 | 21° 17.39' N | 89° 39.81' W | 0 milles | 0 milles | 0 | 0 |
ARV | Cheminées Poujoulat | 2009-11-15 | 21° 17.39' N | 89° 39.81' W | 0 milles | 0 milles | 0 | 0 |
4 | Cargill-MTTM | 2009-11-15 | 21° 51.29' N | 87° 10.97' W | 142.5 milles | 142.5 milles | 7.55 | 309 |
5 | Palanad 2 | 2009-11-15 | 21° 0.02' N | 85° 34.94' W | 239.73 milles | 239.73 milles | 7.29 | 286 |
6 | Desafio Cabo de Hornos | 2009-11-15 | 20° 24.05' N | 83° 23.12' W | 367.23 milles | 367.23 milles | 6.84 | 293 |
7 | 40 degrees | 2009-11-15 | 20° 29.29' N | 82° 54.25' W | 391.02 milles | 391.02 milles | 6.01 | 291 |
8 | Groupe Picoty | 2009-11-15 | 16° 45.25' N | 78° 8.44' W | 732.84 milles | 732.84 milles | 6.12 | 287 |
9 | Axa Atout Cœur Pour Aides | 2009-11-15 | 17° 51.05' N | 75° 57.64' W | 814.87 milles | 814.87 milles | 6.67 | 294 |
10 | Plan les enfants changeront le monde | 2009-11-15 | 15° 59.35' N | 75° 9.4' W | 904.48 milles | 904.48 milles | 7.85 | 278 |
11 | Keysource | 2009-11-15 | 16° 0.79' N | 74° 25.76' W | 940.85 milles | 940.85 milles | 6.66 | 277 |
12 | Adriatech | 2009-11-15 | 17° 22.9' N | 73° 46.65' W | 941.36 milles | 941.36 milles | 6.62 | 315 |
13 | Crédit Maritime | 2009-11-15 | 16° 0.17' N | 74° 22.07' W | 944.28 milles | 944.28 milles | 7.56 | 281 |
14 | ORBIS Flying Eye Hospital 'Saving Sight Worldwide | 2009-11-15 | 16° 56.05' N | 72° 20.42' W | 1027.89 milles | 1027.89 milles | 2.91 | 199 |
ADB | Vale Inco-Nouvelle Calédonie | 2009-11-15 | 18° 3.3' N | 63° 0.94' W | 1549.45 milles | 0 milles | 0 | 90 |
ADB | Les Conquérants de Normandie - Caen la mer | 2009-10-22 | 49° 12.78' N | 0° 32.32' W | 5072.46 milles | 0 milles | 0 | 70 |
ADB | Mistral Loisirs - Pole Santé Elior | 2009-10-28 | 38° 32' N | 28° 37.51' W | 3730.48 milles | 0 milles | 0 | 57 |
ADB | ORCA | 2009-10-23 | 50° 51.77' N | 1° 18.67' W | 5060.16 milles | 0 milles | 0 | 55 |
ADB | PHR | 2009-10-23 | 47° 29.34' N | 3° 6.04' W | 4954.49 milles | 0 milles | 0 | 63 |
ADB | Tales Villa Esperanza | 2009-10-24 | 38° 41.59' N | 9° 24.95' W | 4594.71 milles | 0 milles | 0 | 0 |
ADB | Tieto Passion | 2009-11-10 | 17° 53.92' N | 62° 51.04' W | 1557.22 milles | 0 milles | 0 | 251 |
ADB | Appart City | 2009-10-22 | 47° 43.65' N | 3° 22.25' W | 4946.29 milles | 0 milles | 0 | 66 |
ADB | Amhas | 2009-10-22 | 47° 35.41' N | 3° 1.52' W | 4958.55 milles | 0 milles | 0 | 72 |
ADB | Jardin Bio | 2009-10-22 | 47° 43.67' N | 3° 22.29' W | 4946.26 milles | 0 milles | 0 | 74 |
Communiqué du 14.11.09
Victoire de Tanguy de Lamotte et Adrien Hardy
Initiatives - Novedia a franchi la ligne d'arrivée à 8h25 TU en grand vainqueur de cette première édition de la Solidaire du Chocolat. La baie de Progreso s'est enflammé au même instant d'un feu d'artifice venant saluer la prouesse sportive de Tanguy de Lamotte et Adrien Hardy.
"C'est génial on n'imaginait pas voir tant de monde. Merci à l'organisation et à tous pour cette superbe course. On est vraiment super heureux !"
Avant de pouvoir mettre les pieds à terre, les deux marins doivent se soumettre aux formalités douanières et sanitaires. Sur le môle des pêcheurs à Progreso, un comité d'accueil les attend pour une célébration dans la pure tradition maya.
Les deux marins ont bouclé la traversée entre Saint-Nazaire (France) et Progreso (Mexique) en 26 jours 16 heures et 35 minutes.
Tout doucement…
Ils doivent piaffer d’impatience à bord de Cheminées Poujoulat tandis que le vent leur fait de plus en plus défaut le long des côtes du Yucatan. Les derniers bords sont éprouvants après quatre semaines de course.
Ce matin à 9 heures, Cheminées Poujoulat pointait toujours en troisième position, à 100 milles de l’arrivée, 10 milles exactement derrière Telecom Italia, tandis que Initiatives Novédia franchissait la ligne devant Progreso.
Cheminées Poujoulat devrait arriver au Yucatan demain.
Véronique Guillou-Le Bivic
Communiqué du 13.11.09
Ce soir, nous avons une pensée pour deux marins malheureux qui participent actuellement à la Jacques Vabre : "A environ 10h20 GMT ce matin, Sébastien Josse a déclenché sa balise de détresse après avoir constaté des dégâts majeurs au terme d'une nuit particulièrement difficile en raison des conditions de mer déchaînées et des rafales à 60 noeuds. "Le roof du bateau est arraché et les hommes font état d'un monocoque rempli d'eau aux deux tiers".Les opérations de sauvetage des skippers ont commencé.Un hélicoptère et un navire de la marine ont été dépêchés sur zone.
Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) : « Sauf incident exceptionnel, ce que je ne souhaite pas, Tanguy et Adrien vont gagner la Solidaire du Chocolat. Il y a du vent jusqu'au bout, pas de mistoufle à l'ordre du jour. Bien sûr, une course est terminée une fois la ligne franchie, mais c'est quand même plus que compromis pour nous cette victoire. Par contre, avec les italiens, c'est loin d'être fini. Il y a encore une petite zone de transition devant nous et chacun sait que c'est dans ces zones-là qu'on peut tirer son épingle du jeu. Pour le moment, on est au près, encore… mais on avance facilement vers le but. »
Progreso attend ses brillants héros
13/11/09 Sauf pépin majeur ou retournement de dernière minute, rien de devrait désormais plus empêcher Tanguy de Lamotte (Initiatives-Novedia) et Adrien Hardy d'attraper la grande victoire sur la première édition de la Solidaire du Chocolat dans leurs voiles. Même les superstitions maritimes réputées pour avoir la peau dure un vendredi 13 ne semblent ne semblent plus en mesure de bouleverser le scénario de ce beau succès déjà riche de ses saveurs iodées-chocolatées sur un parcours inédit de 5 000 milles (9 260 km) aux détours du grand Atlantique et de la mer des Caraïbes. À un peu plus de 120 milles de la ligne de la délivrance mouillée au large de Progreso et au large des côtes de Yucatan, le plus jeune équipage de la flotte est attendu entre le milieu de la nuit prochaine et le petit jour (HF), demain samedi 14 novembre, pour décrocher tous les honneurs de cette première course au large d'envergure entre la France et le Mexique...
Forts d’une navigation fluide, inspirée et audacieuse, Tanguy de Lamotte et Adrien Hardy, toujours vissés aux avant-postes depuis le départ de Saint-Nazaire, ont incontestablement mené une bien jolie course sur cette Solidaire du Chocolat. A l’aube du 27è jour de mer, ils semblent bien partis pour inaugurer de la plus belle manière, entre la France et le Mexique, cette nouvelle grande épreuve du large réservée aux monocoques de 40 pieds. Du haut de leur 27 ans et demi de moyenne d’âge, les deux jeunes capitaines d’Initiatives-Novedia sont en passe de signer un beau succès sur la route du chocolat, de ceux qui écrivent parmi les plus mémorables pages de la course au large.
Entre 21h30 et minuit
Après avoir pris les commandes du 24 au 28 octobre avant le passage des Açores, puis le 1er novembre pour ne plus les lâcher, les voilà bien lancés en tête sur la route de la victoire le long des côtes du Yucatan dans un vent de nord d’une dizaine de nœuds. En tout cas, ces premiers brillants - et non sombres ! - héros venus des grands espaces océaniques sont attendus entre 21h30 et minuit, heure locale à Progreso, où la population locale se plie en quatre pour que la fête, gourmande, généreuse et exotique, soit à la hauteur de leur exploit.
Si rien ne devrait désormais assombrir le tableau de cette chronique d'une victoire annoncée sous le soleil golfe du Mexique, d’autres rebondissements et chamboulements dans les classements se profilent encore à l’horizon de la mer des Caraïbes où la régate pas son plein de la pointe ouest de Cuba aux côtes sud de la la République Dominicaine. Pour le podium d’abord puisque les duos de Telecom Italia (Soldini-D’Ali) et de Cheminées Poujoulat (Jourden-Stamm) se chamaillent toujours comme des chiffonniers façon match-racing dans les vents contraires générés par le passage inopiné d’un front froid qui se déplace vers l’est. Au dernier classement, l’avantage est aux Italiens qui affichent moins de 15 milles d’avance sur leurs éternels rivaux, qu’on devine néanmoins moins à l’aise au près suite à la rupture de leur étai. Mais une risée, dont l’autre n’en profite, pas peut passer cet écart du double à néant. La chose est entendue, et ces deux tandems promettent de faire des arrivées très serrées et d’animer la grande digue de Progreso longue de 7 km, samedi à partir de midi, heure locale.
Communiqué du 12.11.09
Un peu d'histoire... de chocolat
Les Mayas sont les premiers à cultiver la fève de Cacao, au 17ème siècle avant JC, sur la péninsule du Yucatan au Mexique. Boisson divine, le cacao est censé nourrir les hommes par-delà la mort et ses propriétés bienfaisantes et aphrodisiaques sont déjà bien connues. Les fèves sont séchées, broyées puis mélangées à de l’eau chaude et agrémentées de piment, d’épices, de vanille, etc…
L’Espagnol Hernan Cortés, débarque au Mexique en 1519, conquérant le Nouveau Monde, il y est reçu comme un dieu. Il découvre le xocoatl.
En 1528, lorsqu’il revient en Espagne, Cortés décrit à son roi Charles Quint les vertus de ce nouveau breuvage : "Une tasse de cette précieuse boisson permet à un homme de marcher un jour entier sans manger."
Les premières cargaisons commerciales de cacao gagnent l’Espagne en 1585 et cette boisson devra attendre Anne d’Autriche, épouse de Louis XIII et fille du roi d’Espagne, pour arriver en France. A Versailles les courtisans se passionnent alors pour le chocolat.
En 1660, le premier chocolatier ouvre sa boutique à Paris.
En 1802, le chocolat devient tablette.
En 1828, on le trouve en poudre.
En 1875, on invente le chocolat au lait.
Au 19ème siècle, le commerce du cacao s’intensifie.
En 1896, le Belem, légendaire trois-mâts nantais, est armé par la chocolaterie Menier pour transporter les fèves de cacao, de l’Amérique latine jusqu’à Nantes... Véronique Guillou-Le Bivic
Tous en mer des Caraïbes !
12/11/09 La flotte de la Solidaire du Chocolat évolue désormais au grand complet en Mer des Antilles. Seul le duo de Vale Inco Nouvelle Calédonie doit rallier Saint Barthélemy ce jeudi pour s'y arrêter. La tête de flotte s'apprête, elle, à entrer dans le Golfe du Mexique pour un ultime run vers Progreso. Les premiers sont toujours attendus demain, vendredi, au Yucatan.
Ça s’est bousculé à la porte de Saint Barthélemy depuis hier après-midi ! Cinq concurrents* ont fait leur entrée en mer des Caraïbes lors des 12 dernières heures.
Denis Lazat et Frédéric Nouel ont même fait un pit-stop imprévu à Gustavia : invités à dîner à bord du voilier d’un ami, ils ont profité des trois heures minimum autorisées par la direction de course pour « se faire chouchouter » comme l’explique Denis ce matin. La solidarité des gens de mer a fonctionné à merveille, en moins de temps qu’il ne faut pour prendre une douche et un brunch de rêve, les deux spis et le génois de « Plan les enfants changeront le monde » ont été raccommodés, le plein de gasoil, de fruits et légumes frais effectué ! Les skippers sont repartis du bon pied avec en prime un cadeau précieux : des aiguilles et du fil…
Accélération prévue en tête de flotte
En tête de flotte, les dernières 24 heures ont profité – un peu – à la paire Soldini/D’Ali (Telecom Italia) et au duo Jourdren/Stamm (Cheminées Pujoulat). Ils ont repris une vingtaine de milles aux leaders De Lamotte/Hardy (Initiatives Novedia). L’avance du duo de tête reste cependant confortable : 113 milles ce jeudi matin au pointage de 4h00.
Pas de réelle inquiétude donc pour Tanguy et Adrien, d’autant qu’ils devraient dès ce matin bénéficier d’un flux de secteur Nord établi qui va leur permettre d’accélérer sensiblement, au près ou vent de travers sur la route directe de Progreso.
Cette brise va également toucher rapidement les paires italienne et franco-suisse lancées à leurs trousses. Ces trois là n’ont pas fini leur passionnante régate océanique !
Les trois premiers devraient entrer dans le Golfe du Mexique dans la journée… Ils ne sont plus à quelques 400 milles du but. Dans deux jours, le podium de cette première Solidaire du Chocolat sera connu !
Communiqué du 08.11.09
De l'océan à la mer des Caraïbes
08/11/09 Sept bateaux en mer des Caraïbes, huit dans l'océan Atlantique. Ce dimanche, la flotte de la Solidaire du Chocolat s'est clairement scindée en deux groupes avec le passage récent, à 12h14 (HF), de 40 Degrees (Harding-Merron). Dans des vents de nord-est d'une quinzaine de noe uds, Tanguy de Lamotte et Adrien Hardy (Initiatives-Novedia) mènent toujours solidement la danse sur les eaux turquoise qui baignent la République Dominicaine. A 120 milles dans leur sillage, au large de Puerto Rico, un duel d'une incroyable intensité, digne d'une épreuve de match-racing, oppose le duo Jourdren-Stamm (Cheminées-Poujoulat) au binôme Soldini-D'Ali (Telecom Italia). Au contact et à vue, moins d'un mille sépare ces deux équipages après trois semaines de course ! Les jours à venir s'annoncent passionnants alors que l'arrivée et le dénouement de la première édition de cette transat pas comme les autres, riche d'un copieux et savoureux parcours côtier de 1 500 milles jusqu'au golfe du Mexique, se profile à l'horizon du début du week-end prochain...
La famille des pirates de la mer des Caraïbes compte donc désormais une femme. L’équipage mixte de 40 Degrees a en effet laissé à son tour le grand océan dans son sillage ce dimanche 8 novembre. A 12h14 (HF), Miranda Merron et Peter Harding ont doublé la porte de Saint-Barth en 7è position après s’être fait doubler dans les dernières longueurs de l’Atlantique par le bateau chilien Desafio Cabo de Hornos, mené par Felipe Cubillos et Daniel Bravo Silva. Hormis un grand spi déchiré dans toute sa largeur, le tandem britannique affichait la forme des grands jours et ne cachait pas sa satisfaction de s’attaquer aux 1 500 derniers milles à parcourir pour rallier la ligne d’arrivée à Progreso. Après une bonne séance d’atelier couture, une course-poursuite est désormais engagée pour combler les quelques milles perdus en approche de l’arc antillais.
Communiqué du 05.11.09
Bonjour,
Désolé, l'iridium n'avait pas été mis en charge, tout va bien. Nous avons les mêmes conditions depuis deux jours, maintenant. Alizés d'est entre 12 et 18 noeuds. Nous nous relayons à la barre, pendant que l'autre va dormir.
Il y avait pas mal de déficit de sommeil à récupérer et comme tout le monde, pas mal d'ordre à faire et de choses à mettre à sécher. Il y a quelques jours, quand le vent a commencé à adonner, on se réjouissait de voir le soleil enfin. C'était sans compter cette onde qui a généré ces journées de grains qui n'avaient rien à envier au pot au noir. Nous tenions le spi entre le gros des nuages en affalant au bon moment pour ne pas se laisser prendre par son vent avec toute la toile. Le vent était très changeant en force et en direction, nous avons même fait du près tribord amure en faisant la route. La dernière nuit de grains, il y en avait un gros sur notre babord, au vent, puis un qui nous talonnait. Nous sommes resté 4 heures sous spi, avec le grincheux aux fesses et en longeant celui au vent qui a fini par nous passer dessus. Le vent est monté à 47 noeuds, la mer était blanche, il y avait une luminosité jaunâtre et il pleuvait des trombes. Nous avons heureusement bien pu anticiper et il n'y a pas eu de dégâts. Ensuite, ça s'est gentiment découvert et voilà, les alizés, le soleil, les shorts et les habits à sécher dehors. Le bonheur. En ce moment nous naviguons à vue avec Giovanni et Pietro, c'est sympa. C'est la deuxième fois. Il y a quelques jours nous étions bord à bord avec Armel et Damien. Concernant notre arrêt, nous ne sommes pas encore décidé. On va attendre le dernier moment pour le faire. S'il y a une chance de ne pas s'arrêter, on la prendra.
Bonne journée, Bernard
Cap sur Saint-Barth
05/11/09 Après 18 jours de course, la douceur tropicale et les promesses antillaises se rapprochent enfin des étraves de la tête de flotte de la Solidaire du Chocolat. Pour autant, derrière le duo Tanguy de Lamotte et Adrien Hardy (Initiatives-Novedia), impérial et bien lancé pour s'adjuger les honneurs d'un passage en tête à la porte de Saint-Barth, la course redouble d'intensité. Les équipages, bien qu'éprouvés et usés par une traversée qui n'a rien eu d'un long fleuve tranquille, font de nouveau appel à leurs réflexes de régatiers comme en témoignent les cinq petits milles qui séparent ce jeudi matin les redoutables paires de Telecom Italia (Solidini-D'Ali) et de Cheminées Poujoulat (Jourdren-Stamm). Tous les coups tactiques sont plus que jamais permis...
S’arrêteront ou ne s’arrêteront pas? Si les ennuis techniques des uns et des autres suggèrent que les plus proches poursuivants des leaders profiteront d’une escale sur l’île en forme de gros rocher pour réparer leurs avaries et goûter à la douceur tropicale de Gustavia, rien pour l’heure ne permet de l’affirmer.
Pit-stop or not pit-stop ?
On imagine d’ailleurs volontiers que les discussions tactiques battent leur plein dans les cockpits sur fond de grands débats stratégiques au regard des prévisions météo et des évolutions annoncées de l’alizé. En tout cas, du côté de Tanguy de Lamotte et Adrien Hardy, même avec 110 milles d’avance, pas de pit-stop qui tienne. La chose est entendue et les deux jeunes navigateurs, auteurs d’une navigation aussi précise qu’inspirée, ne vont pas évidemment pas prendre le risque de voir s’envoler dans une bulle de pétole intempestive, ou une zone de calme malvenue, des bénéfices construits et gagnés dans le tourmente des dépressions qui ont tant malmené la flotte. A 1 840 milles de Progreso, la route est encore trop longue et semée de pièges et d’embûches pour s’offrir un tel luxe… Surtout quand dans les rétroviseurs pointent et se chamaillent comme des chiffonniers deux associations de navigateurs de haute voltige, les Soldini-D’Ali et Jourdren-Stamm, qui n’ont certainement pas dit leur dernier mot.
Quoi qu’il en soit, force est de constater que le passage de la porte de Saint-Barth tient toutes ses promesses et ravive déjà le suspense. Les prochaines 24 heures - alors qu’Initiatives-Novedia progresse à 250 milles de ce point de passage obligé - s’annoncent pleines de surprises. Rappelons en effet que Telecom Italia, Cheminées Poujoulat et Cargill MTTM (Seguin-Tripon), aux trousses des deux jeunes loups de mer de tête, progressent dans un mouchoir de 25 milles. Qui de ces trois tandems affalera les voiles pour réparer et se donner tout le potentiel pour le dernier tronçon de la course aux détours de la mer des Caraïbes et du golfe du Mexique, bien malin qui peut le deviner…
Les bénéfices de Crédit Maritime
L’arrière de la flotte n’est évidemment pas en reste alors que cette dernière nuit reste marquée par le joli coup réalisé par le duo franco-mexicain, Patrice Carpentier et Victor Madonado, à bord de Crédit Maritime. Les deux compères, repartis bons derniers après deux escales techniques, tirent en effet profit de leur persévérance sur une route au nord. Lancés à près de 10 nœuds de moyenne, ils ont d’ores et déjà gagné une place aux dépens des Britanniques de Keysource (West-Worswick) engagés sur la voie du sud. Derrière le groupe des huit premiers bateaux, entre 500 et 1000 milles des leaders, la progression vers Saint Barth dans des conditions enfin devenues plus clémentes et favorables à la glisse pour l’ensemble de la flotte, la course a bel et bien repris tous ses droits. Elle s’annonce riche de rebondissements et de chamboulements dans les classements…
Communique du 02.11.09
La glisse jusqu’à "Saint Barth"
« Ça va, on n’a toujours pas vu les couleurs du soleil. On est trempé, trempé, on espère en se rapprochant du sud qu’on verra un peu le soleil. C’est quand même plus confortable, on est plus au près, mais il y a encore des grains : hier on s’en est pris un à 50 nœuds ! On fait attention à la monture, on essaye d’épargner le bateau au maximum. Mais on se fait régulièrement des petites frayeurs. On a sorti le spi, mais c’était chaud, le vent est fort. On est à 14-15 nœuds et on fait des pointes à près de vingt nœuds... On garde nos vêtements mouillés pour préserver le peu de vêtements secs qu’on a. On est couvert de boutons, on a des infections. On attend que ça s’installe pour s’occuper un peu de nous. »
Bruno Jourdren (Cheminées Poujoulat)
Enfin du portant mais, orages, pluies et grains
Ils sont enfin au portant après deux semaines de près, mais le soleil tant attendu n’est pas au rendez-vous et c’est toujours trempés de la tête aux pieds, de la proue à la poupe, que Stamm, Jourdren et Cheminées Poujoulat glissent vers les Antilles. Ils sont actuellement deuxsièmes à 90 milles des premiers, initiatives Novédia, à plus de 11 nœuds de moyenne. A leur nord, en troisième position, le tandem italien qui connaît des problèmes d’étai est considérablement ralenti (à 5 nœuds).
Après deux semaines de près, la plupart des concurrents de la Solidaire du Chocolat encore en course connaissent des problèmes techniques. Cheminées Poujoulat a failli perdre son mât la semaine dernière et si ce souci majeur est résolu, Bernard Stamm et Bruno Jourdren rencontres d’autres déconvenues. A commencer par la panne de leur Iridium (antenne arrachée en début de course) qui les handicape sérieusement pour tout ce qui concerne la récupération des fichiers météo. «Voilà 48 heures que nous n’avons aucune information météo » expliquait Bernard tout à l’heure, « ça fait que nous sommes un peu dans le flou pour la suite des événements. Vue la vitesse d’Initiatives Novédia, il y a manifestement plus d’air au sud que ce que j’avais pu voir il y a trois jours ».
Si l’équipage de Telecom Italia évoque la possibilité de s’arrêter aux Antilles pour réparer leur étai, Bernard, de son côté, s’interroge pour en faire autant. «Si on s’arrête, on prend trois heures de pénalité. C’est encore loin, mais nous y réfléchissons. La plupart de nos problèmes techniques sont résolus, mais certains d’entre eux sont redondants ; Notre grand voile est désolidarisée de son chariot. Le bord d’attaque, le guindant, en est libre. Si ça n’est pas trop pénalisant, ce serait éventuellement une bonne chose de s’arrêter pour remettre tout ça en place. On va voir ».
Pour l’heure, c’est certes enfin en mode ‘glisse’ que Cheminées Poujoulat fait route vers les Antilles et la marque de passage de Saint Barthélémy, mais dans des conditions météo toujours pénibles : «Le ciel est plombé, il pleut, il y a des grains et nous devons manœuvrer sans cesse parce que c’est perturbé. Mais le plus pénible c’est l’humidité. Il est vraiment temps que nous puissions faire sécher tout ça, les bonshommes et le bateau ».
Véronique Guillou-Le Bivic
Communiqué du 30.10.09
Planter des pieux tout le week end !
Bernard et Bruno ont repris leur route vers l’ouest.
Changement de bord donc, mais dans une ambiance qui elle ne change pas beaucoup sinon pour se dégrader. Humide, frais, penché dans une mer ‘casse bateau’ et du vent de face qui continue de forcir. En langage de marin, on appelle cela planter des pieux, l’image est assez claire… Cette nouvelle perturbation va encore durer plusieurs jours pour ceux situés au Nord dont Cheminées Poujoulat fait partie. C’est le groupe de tête, mais que le plaisir de ce classement favorable est cher !
Véronique Guillou-Le Bivic
Dépression, sixième !
30/10/09 Alors que les leaders sont au milieu de l'Atlantique à la latitude des Canaries, ils abordent leur sixième dépression depuis le départ de la Solidaire du Chocolat ! Encore du mauvais temps à négocier jusqu'au milieu du week-end au moins... Mêmes conditions pour le peloton du Nord, mais soleil et spinnaker pour les Sudistes propulsés allégement par de bons alizés.
La fatigue commence à se faire sérieusement sentir à bord des Class’40 en route vers le Mexique. À la moitié de leur traversée de l’Atlantique, les duos n’ont pas vraiment eu de repos depuis le départ de Saint-Nazaire avec déjà cinq dépressions en douze jours et une sixième qu’ils sont en train d’aborder ! Les Italiens Giovanni Soldini et Pietro d’Ali (Telecom Italia) mènent toujours le bal, mais doivent tout de même surveiller attentivement ce que font leurs trois poursuivants, à moins de soixante-dix milles derrière. Surtout Tanguy de Lamotte et Adrien Hardy (Initiatives-Novedia) qui naviguent dans une position favorable à plus de 150 milles dans leur Sud. Pour Damien Seguin et Armel Tripon (Cargill-MTTM) et pour Bruno Jourdren et Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat), la problématique est un peu différente puisqu’ils sont quasiment sur le même axe que les leaders, ce qui réduit leur marge stratégique.
Communiqué du 29.10-09
Message du bord du 29 octobre
Bonsoir,
Voilà 24 heures très difficiles qui s'arrêtent. Nous étions à deux doigts d'y laisser notre mat.
Hier soir, alors que le vent du front commençait à rentrer, nous avons entendu des cognements répétés dans le gréement. On s'est aperçu que le D2, le câble diagonal au-dessus de la première barre de flèche s'était libéré de son ridoir et qu'il flottait sous le vent. Nous avons fait un montage provisoire avec la basse bastaque pour sécuriser le mat en prévision du virement de bord au passage du front froid. Ensuite, dans le nord ouest nous avons été obligé de temporiser pour ne pas fatiguer l'ensemble. Quand le vent est tombé, aujourd'hui, et dans une mer très chaotique, nous avons pu remettre en place le câble, la girouette qui pendait sur le côté et les boîtiers de latte qui s'étaient désolidarisés des chariots sur le rail de mat. Galère, donc, avec plusieurs aller et retour dans le mat et l'obligation de bricoler les maigres instants pendant lesquels le vent n'est pas totalement de face. Ce soir nous essayons de nous relayer pour se refaire une santé. D'un côté, nous sommes contents, parce que le mat est toujours debout et que nous avons réussi à nous accrocher au wagon. Maintenant nous allons commencer les incantations de toutes sortes pour que le près s'arrête et que nous puissions ouvrir les écoutes. Visiblement, il va falloir être très convaincant parce que d'après les prévis, le spi, ça n'a pas l'air d'être pour tout de suite, tout de suite.
A bientôt, Bernard
Encore plus de 3000 milles !
Cheminées Poujoulat était, ce matin à 8 heures, toujours classé troisième de la solidaire du Chocolat. Situé dans le groupe des Nordistes, le tandem Stamm/Jourdren fait le gros dos, toujours et encore au près, dans une mer mal rangée…
Ils sont 16 Class40 en route vers le Yucatan, mais tous ne sont pas au même régime : Déjà une semaine de vents erratiques pour les partisans du sud toujours à petite vitesse à proximité des Canaries et 12 jours de près pour les forçats du nord, en plein océan Atlantique, dont Cheminées Poujoulat fait partie. Et l’éprouvante navigation au près, dans du vent fort et une mer hachée n’est pas terminée même si cette journée de jeudi s’annonce un peu plus calme, derrière, le vent va de nouveau forcir…
Il reste 3000 milles à courir, soit encore les 2/3 du parcours jusqu’au Mexique.
Pour l’heure, Stamm et Jourdren sur Cheminées Poujoulat plongent au sud à 8 nœuds, troisièmes au classement de 8 heures ce matin. Il leur est impossible de faire la route directe, le vent étant pile dans l’axe et, s’ils s’éloignent de la route, ils vont néanmoins éviter le plus fort de la dépression annoncée ce week end.
Véronique Guillou-Le Bivic (RIVACOM)
Premier tiers
Après douze jours de mer, la flotte des seize Class'40 encore en course arrive tout juste au tiers du parcours de 5 000 milles vers Progreso, du moins les premiers ! Car les écarts sont astronomiques entre les leaders italiens au milieu de l'océan et les Britanniques encore englués aux Canaries. Et si les conditions vont s'améliorer dans les heures qui viennent au Nord, c'est pour mieux se dégrader ce week-end...
À ce rythme, c’est plus d’un mois de mer qui sera nécessaire pour atteindre le Mexique depuis le départ de Saint-Nazaire, il y a déjà douze jours. Douze jours de près pour le groupe du Nord, huit jours de pétole pour les partisans du Sud… L’automne est certes la période de changement climatique sur l’Atlantique, mais ces dernières semaines sont particulièrement perturbées et surtout, les dépressions naissent très bas en latitude, ce qui complique énormément la navigation. Et pour les jours à venir, c’est l’option Sud qui va reprendre du poil de la bête car les alizés vont enfin s’installer entre les Canaries et le Cap Vert !
L’espoir mauritanien
La sortie des calmes semble proche, du moins pour les deux premiers du groupe des Sudistes : David Consorte et Arnaud Aubry (Adriatech) et Erik Nigon et Marc Jouany (Axa Atout Cœur pour Aides) qui naviguent désormais de conserve, commencent à toucher les dividendes de leur choix canarien. Un petit flux de Nord-Est d’une dizaine de nœuds les pousse doucement mais sûrement le long des côtes mauritaniennes et ce régime de vents portants devrait enfin prendre du souffle au fil des heures à venir : de six nœuds de moyenne, ces deux Class’40 peuvent croire à leur étoile et dès vendredi, ils vont allonger à plus de dix nœuds de moyenne. Il devront toutefois attendre un peu avant de piquer directement sur les Antilles afin d’être sûrs qu’ils ne s’engluent pas dans de nouveaux calmes au large du cap Blanc…
Et ce n’est pas du tout le même programme pour les Nordistes ! Du près, toujours et encore, mais au moins cette journée devrait apporter une petite pause par l’Ouest. Le vent qui était encore la nuit dernière plutôt rude, doit lentement se calmer pour ne plus atteindre qu’une quinzaine de nœuds. Mais cette pause ne sera que de courte durée… Le week-end s’annonce extrêmement violent avec deux dépressions en cours de formation au large de la Floride : elles vont s’étirer vers les Açores et suivre exactement la route directe optimale que devait prendre les Class’40 ! Mais comme il va être très difficile de prendre de l’Ouest contre un vent d’Ouest ce jour, les équipages n’ont pas trop le choix : ils plongent au Sud, du moins les trois premiers. Giovanni Soldini et Pietro d’Ali (Telecom Italia) semblent avoir fait leur deuil d’un passage par-dessus ces perturbations et foncent vers un temps un peu plus clément. Leurs dauphins, Tanguy de Lamotte et Adrien Hardy (Initiatives-Novedia) font de même 200 milles plus bas, tout comme Bernard Stamm et Bruno Jourdren (Cheminées Poujoulat) en position intermédiaire.
L’avantage du décalage
Le reste de la flotte du Nord hésite encore à l’image de Damien Seguin et Armel Tripon (Cargill-MTTM) qui tentent de rester sur la route directe : ils devraient d’ailleurs en profiter pour s’adjuger la troisième place cet après-midi. Et derrière aussi c’est un ballet de croisement au rythme des bascules du vent. Denis Lazat et Frédéric Nouel (Plan les enfants changeront le monde) avaient décroché plein Sud, mais malheureusement, la brise a tourné… au Sud ! Retour vers l’Ouest et donc vers le mauvais temps des prochains jours… Et c’est finalement Patrice Carpentier et Victor Maldonado (Crédit Maritime) qui pourraient tirer leurs marrons du feu s’ils persévéraient sur leur route Nord : avec leur décalage de 750 milles, ils pourraient être juste dans le timing pour passer par-dessus ces mauvaises perturbations ! Ils débouleraient alors en fin de week-end dans des vents portants d’Est quand les leaders affronteraient des brises contraires très fortes. Décidément, cette première édition de la Solidaire du Chocolat n’est pas de tout repos.
Communiqué du 28.10.09
Message du bord du 28 octobre 2009
Bonsoir, Je me rends compte que ça fait plusieurs jours que je n'ai plus écris.
Ce n'est pas qu'on fait la tête, ni qu'on oublie de penser aux gens à terre, mais parce qu'il y a toujours quelque chose à faire qui occupe notre temps, nos pensées ou simplement notre équilibre. Depuis le départ, nous avons le choix entre dépressions nerveuses et pétole molle. La seule que nous ayons eue, ne se voyait pas vraiment sur les fichiers auxquels nous accèdons, du coup, nous avons eu un peu de mal `l'éviter. Maintenant, nous sommes au coeur du passage d'un front froid. Il y a entre 28 et 38 noeuds de vent et nous sommes en alerte pour virer à la bascule de vent. Bruno est allongé, tout habillé et trempé, au fond du bateau. Il essaie de se reposer quelques minutes avant la manoeuvre. Moi, je suis à la table à carte et j'essaie de vous faire parvenir un message lisible. Je suis obligé de me reprendre plusieurs fois à chaque phrase pour que ce que je tape, aie un semblant de sens. Autrement tout va bien, on espère que ce soit le dernier coup de vent. On a été désolé pour Thierry et Oliver, il avait fait une très belle course jusque là.
A+Bernard
Remise à plat
28/10/09 Avec le passage d'un nouveau front froid associé à une très étendue dépression au milieu de l'Atlantique, la flotte des Class'40 au large des Açores est encore dans le mauvais temps tandis que les partisans de la route Sud n'arrivent toujours pas à décoller des Canaries... Cette nouvelle phase contre le vent devrait resserrer le classement entre les quatre premiers.
Il y a pourtant plus de 250 milles d’écart latéral entre les leaders, Tanguy de Lamotte et Adrien Hardy (Initiatives-Novedia) et leurs nouveaux dauphins, Giovanni Soldini et Pietro d’Ali (Telecom Italia) ! Et pourtant, ces deux équipages devraient dans cette journée de mercredi, converger vers la même zone et se retrouver à une distance très similaire par rapport au but… En effet, pendant que les premiers font de l’Ouest dans un régime de Sud-Ouest de plus de vingt nœuds, les seconds peuvent piquer au Sud-Ouest dans un flux de Nord-Ouest de plus de trente nœuds. C’est toute la particularité de ces dépressions qui à quelques centaines de kilomètres près, proposent des conditions très différentes. Et tant que les leaders n’auront pas franchi ce front froid, tant qu’ils n’auront pas toucher la bascule franche du vent, ils vont perdre du terrain. Ils n’avaient plus qu’une quinzaine de milles d’avance ce mercredi matin !
Au port d’Horta
Pour Thierry Bouchard et Oliver Krauss (Mistral Loisirs-Pole Santé Elior), la course est terminée alors qu’ils échappent à cette nouvelle dépression très mauvaise du côté des Açores : ils sont arrivés en milieu de nuit à Horta, une marina très bien protégée qui va leur permettre de voir passer des grains à plus de quarante nœuds au large ! Car plus les voiliers sont au Nord, plus le vent est violent… De fait, la situation ne va pas être des plus confortables pour les Chiliens Felipe Cubillos et Daniel Bravo Silva (Desafio Cabo de Hornos) et pour Jacques Fournier et Jean-Edouard Criquioche (Groupe Picoty) qui sont les plus proches de l’archipel açorien. Mer très forte, pluies diluviennes, brises en rafales au programme jusqu’à la fin de la journée… Est-ce pour cette raison que les Finlandais Jouni Romppanen et Sam Öhman (Tieto Passion) ont décroché cette nuit ? Problème technique ou volonté de ne pas reprendre une « cartouche » trop violente ? En tout cas, ils plongent au Sud et s’ils persévèrent, ils vont se faire passer par Tim Wright et Nicholas Brennan (Palanad 2) et par Peter Harding et Miranda Merron (40 Degrees)…
Quant à Damien Seguin et Armel Tripon (Cargill-MTTM) et à Bernard Stamm et Bruno Jourdren (Cheminées Poujoulat), ils sont revenus dans le match à l’occasion de cette nouvelle dépression : moins de quarante milles d’écart par rapport aux premiers et une position intermédiaire leur permet de voir l’avenir avec le sourire… Enfin, quand ce méchant front en aura fini de bousculer la mer ! Les quatre premiers Class’40 sont donc en passe de se retrouver à quelques dizaines de milles les uns des autres, en ayant fait le break face au peloton.
À l’Est, rien de nouveau
Si ce n’est pas encore la Berezina, on est pas loin de Waterloo ! Les Canaries auront été le piège des défenseurs de la route Sud car il est encore loin le temps des alizés… La bonne nouvelle pour les deux Class’40 en pointe, c’est qu’ils ont enfin réussi à s’extirper de l’archipel et donc à bénéficier d’un flux de Nord-Est moins perturbé, alors que Mike West et Paul Worswick (Keysource) n’ont pas encore réussi à parer l’île de Fuerteventura. Progressivement les vents vont se renforcer au fur et à mesure que David Consorte et Arnaud Aubry (Adriatech) et Erik Nigon et Marc Jouany (Axa Atout Cœur pour Aides) vont se rapprocher du Cap Vert en longeant le côtes mauritaniennes. Mais il leur faudra patienter encore jusqu’à la fin de la semaine pour attraper ces fameux alizés et obliquer enfin sur la route directe vers les Antilles. Notons qu’il y a plus de 10° d’écart en latitude entre ce groupe Sudiste et les partisans du Nord, soit plus de 600 milles en latéral : colossal !
Comuniqué du 26.10.09
Couper la poire en deux
Cette nuit, Bernard et Bruno ont pris la décision de ne pas continuer sur la trajectoire nordiste qu’ils suivaient jusque-là.
Les deux skippers ont mis le clignotant à gauche et ont dirigé Cheminées Poujoulat au cœur de l’archipel des Açores et ainsi laissé l’île Ponta Delgada à leur gauche et les îles Terceira, Sao Jorge et Pico à leur droite. Un choix qui leur fait certes, perdre des milles sur leurs adversaires, ils sont à 79 milles du premier, Initiatives Novédia, mais qui évite à Cheminées Poujoulat d’affronter un nouveau coup de tabac. Leur calcul est simple : «ça ne sert à rien de sortir en tête de ce passage si le bateau n’est plus à 100% de son potentiel, la route est encore très longue ».
Une route médiane
Cheminées Poujoulat a plongé au sud ce matin, Bernard Stamm et Bruno Jourdren ont pris cette décision la nuit dernière pour éviter un nouveau coup de vent annoncé au nord, qui risquait de faire souffrir davantage le matériel. Du coup, les deux skippers profitent enfin d’un rayon de soleil après 8 jours de pluie et de froid.
Un passage laborieux
Voilà 8 jours et 8 nuits qu’ils naviguent au près, ce qui signifie à bord d’un bateau constamment penché, dans le froid, une mer difficile et la plupart du temps, sous la pluie. Des conditions pénibles qui ne permettent aucun répit, pas même celui d’un petit repas chaud, puisque Bruno Jourdren avouait à la vacation d’aujourd’hui, qu’à bord de Cheminées Poujoulat, ils n’avaient pris qu’un seul vrai repas depuis le départ. «Ce n’est pas le bonheur intégral» reconnaissait le marin finistérien, qui poursuivait, toujours caustique, «ça ne peut que s’améliorer ». Effectivement, la porte de sortie est peut-être pour bientôt et, en tout état de cause, le duo a déjà choisi de faire une route plus médiane pour ménager le bateau et les bonshommes. Le premier rayon de soleil depuis le départ de Saint-Nazaire est au rendez-vous, «ça réchauffe les os et le moral» confiait Nono, quelque peu soulagé.
La route est encore longue
C’est finalement toujours le même choix cornélien qui s’impose aux marins en course au large. Aller vite, aller bien, aller au bon endroit, ménager sa monture, tirer sur le matériel et les organismes ? ça mouline dans les têtes et la complexité météorologique de ce début de la Solidaire du Chocolat n’aide pas les skippers à choisir leur tactique. Ils sont encore 17 en course et totalement dispersés du nord au sud des Açores. «Il n’y a pas de schéma arrêté et personne ne peut dire où ça va payer» explique Bruno Jourdren, «on en a la preuve en voyant les multiples trajectoires qui illustrent bien que les analyses dans ces mauvaises conditions sont compliquées » ; Quoi qu’il en soit, le tandem de Cheminées Poujoulat a choisi son camp cette nuit. Ils ont mis le clignotant à gauche pour éviter un nouveau coup de vent et traversent l’archipel des Açores du nord au sud, en laissant l’île Ponta Delgada à leur gauche et les îles Terceira, Sao Jorge et Pico à leur droite. Un choix qui leur a fait perdre de précieux milles sur leurs adversaires, ils sont à 79 milles du premier, Initiatives Novédia, mais qui répond à leur préoccupation majeure : préserver le matériel, le bateau, les voiles et les bonshommes. «A quoi ça nous servirait de sortir les premiers sur la route des Antilles avec un bateau à 70% de son potentiel, alors que la route sera encore très longue ?» expliquait Bruno Jourdren. « C’est inutile de prendre des risques et d’aller se coltiner avec 40 nœuds de vent au nord. On cherche tous le meilleur chemin vers le Mexique, on veut tous prendre les bonnes décisions, nous, nous avons choisi une route médiane et comme on dit : C’est à la fin de la foire…
Véronique Guillou-Le Bivic (RIVACOM
Communiqué du 24.10.09
Message du bord du 24 octobre 2009
Bonsoir, voilà notre troisième coup de vent passé. Au plus fort il y a eu 32 noeuds de vent établi avec une mer très forte.
C'était juste au moment du crépuscule que les nuages et le vent se sont calmés, laissant place à un ciel moins couvert et rouge de la tombée du jour. A venir, normalement, une transition très molle avant l'arrivée du prochain coup de chien... En espérant que se soit le dernier, parce qu'on pense s'être suffisamment entraînés à l'exercice pour avoir le droit de passer à autre chose.
Position: 40005 N et 21034 O
Entre deux fronts...
24/10/09 Du rififi en tête de flotte ! Après le passage d'une nouvelle dépression qui a de nouveau sacrément malmené les équipages de l'option ouest, la tête de flotte de la Solidaire du Chocolat traverse une zone de transition. Momentanément en panne de vent, Stamm-Jourden (Cheminées Poujoulat) et Bouchard-Krauss (Mistral Loisir-Pôle santé Elior) voient les duos décalés dans le sud revenir en force dans le classement. Au relevé de 10 heures, les jeunes complices d'Initiatives-Novedia, Tanguy de Lamotte et Adrien Hardy , qui filent toujours à 8-9 noe uds, ont pris les devants. Mais ce samedi, on déplore surtout l'abandon des Espagnols de Tales-Villa Esperanza (Botin-De La Plaza) qui ont rallié Lisbonne...
Un pilote défectueux et la blessure aux côtes de Gonzalo Botin dans le plus fort du deuxième coup de vent ont contraint un septième équipage à jeter l’éponge. 17 bateaux sont encore en course et composent la flotte de la Solidaire du Chocolat, qui s’est par ailleurs très clairement divisée en deux sur les vastes espaces océaniques. D’un côté les conquérants de l’ouest qui essuient front sur front et mènent dans des conditions difficiles et rugueuses , au près et au gré des dépressions, une course d’une très belle intensité. De l’autre, les partisans de la Longue Route au sud qui sont partis à la chasse aux alizés.
En tête et à l’ouest, en approche des Açores, la bataille bat son plein entre deux dépressions. Initiatives-Novedia, Cargill-MTTM (Seguin-Tripon), et Tieto Passion (Romppanen-Öhman) tirent en effet profit d’un décalage au sud d’une centaine de milles. Dans des vents de sud-ouest de 20 nœuds, ils continuent de tailler la route et d’avaler les milles. Les leaders d’hier, Cheminées Poujoulat, Mistral Loisirs-Pôle santé Elior ou encore Telecom Italia (Soldini-D’Ali), en pleine zone de transition, ont franchement freiné l’allure et progressent à 3-4 nœuds. Résultats les écarts se resserrent : Initiatives-Novedia pointe désormais en tête. Quant à Cargill-MTTM, il a déjà gagné une place aux dépens de Telecom Italia…
Communiqué du 23.10.09
Message du bord du 23 octobre 2009
Publiée le 23/10/2009 à 09:00
La nuit est plus agréable que la précédente, nous avons même vu un début de lune, ce qui nous annonce une dernière partie de course plus éclairée qu’en ce moment.
Le prochain front va nous cueillir demain, le vent va donc forcir graduellement dans la journée. Bruno monte sur le pont et moi je le remplace dans la bannette. La mer est un peu chaotique, mais globalement, ça s'est bien calmé.
Bonsoir
Bernard
23/10/2009 0H00 UT
Pos 40004 N et 170 28 O
Vent SO 15-18 kts
Plus d’air à l’ouest
Les bateaux de la Solidaire du Chocolat sont au près depuis le départ dans des conditions très dures, ils ont déjà traversé deux très fortes dépressions et c’est l’option à l’ouest qui paye jusque là avec un duo de solides leaders, Cheminées Poujoulat devant Mistral Loisirs-Pôle santé Elior qui bénéficient tous les deux de plus de pression.
Encore un coup de vent Les écarts se creusent. Le contexte météo complexe est, du coup, propice aux options et divergences. Aujourd’hui, la flotte des Class40 est totalement éclatée sur près de 300 milles en longitude, six bateaux ont abandonné et 16 tandems reste en course.
Bernard Stamm et Bruno Jourdren mènent toujours la flotte sur Cheminées Poujoulat. «C’est un travail de longue haleine» expliquait Bruno à la vacation de ce matin. «Nous avons réglé les petits soucis que nous avions à bord et Cheminées Poujoulat est à 100% de son potentiel, donc aujourd’hui tout va bien. Nous faisons quasiment la route directe, parce qu’il n’y a pas réellement d’opportunités pour tenter une option. Les alizés n’étant pas établis. Cela dit, la porte de sortie n’est pas encore en vue et nous sommes toujours au près. Comme nous avons fait (et gagné), les 1000 milles en septembre et que c’était du près sur 90% du parcours, on va dire que le bateau était paré pour cette allure. Tout était validé et c’est une bonne chose parce qu’il va falloir faire une nouvelle fois le gros dos. Devant, il y a encore un passage difficile avant de toucher des vents portants, le plus vite possible, j’espère ».
‘Nono’ a profité de la vacation pour féliciter Roger, le troisième personnage du bord de Cheminées Poujoulat : «Il est parfait, pas d’état d’âme, jamais faim, jamais soif, jamais fatigué et toujours efficace ». Un bel hommage à leur pilote automatique fortement sollicité depuis quelques jours…
Le plus rapide
La vie à bord est bien organisée, ce matin, dans son message du jour, Bernard expliquait que c’était un peu le système ‘bannette chaude’ qui prévalait, quand l’un montait sur le pont, l’autre le remplaçant dans la couchette.
Au classement de midi, Cheminées Poujoulat allongeait la foulée et était le plus rapide de la flotte avec 9,4 nœuds, tandis que son adversaire direct, Mistral Loisirs-Pôle santé Elior, accusait 9,8 milles de retard, contre 7 milles à 8 heures, et avançait à 8,3 milles.
Véronique Guillou-Le Bivic (RIVACOM
Dans tous les sens vers les Açores
Dispersion océanique ! Dans des conditions qui changent du tout au tout d'un côté ou de l'autre de l'échiquier Atlantique, la flotte de la Solidaire du Chocolat s'est éclatée dans la nuit.Derrière le duo de solides leaders, Cheminées Poujoulat et Mistral Loisirs-Pôle santé Elior, auteurs d'une navigation limpide et inspirée, les écarts se creusent. À chacun sa recette dans ce contexte météo complexe, propice aux options et divergences. Petit tour d'horizon à l'aube du 6è jour de course...
Chocolat blanc ou chocolat noir ? Les deux mon capitaine ! Aux quatre coins du plan d’eau entre le Portugal et l’archipel des Açores, les ingrédients ne sont pas les mêmes et les recettes divergent. Aux avant-postes, dans des vents de sud-ouest de 15 à 18 nœuds, Jourdren-Stamm et Bouchard-Krauss impriment toujours le rythme au près. Moins de 8 milles séparent ces deux duos de forts en thème qui ont très nettement pris leurs distances, cette nuit, avec le reste des troupes. Dans leurs tableaux arrières, progressent deux équipages qui ne cèdent pourtant rien. Une belle course de vitesse est en effet engagée avec la paire Solidini-D’Ali (Telecom Italia) et les Anglais de Palanad 2 (Wright-Brennan), étonnamment constants en 6è position, et toujours présents à moins de 120 milles des premiers.
Communiqué du 21.10.09
Nouvelle tempête en vue
Alors qu'ils ont doublé, ce mercredi matin, la latitude du cap Finisterre, Bruno Jourdren et Bernard Stamm restent impertubables en tête de la flotte de la Solidaire du Chocolat. Le tandem de Cheminées Poujoulat poursuit sa route, au près, à un peu plus de 9 noeuds de moyenne, ce qui lui permet de se targuer d'être le bateau plus rapide de la flotte mais surtout de creuser doucement mais sûrement l'écart avec ses poursuivants.
Ce mercredi, le Class 40 aux couleurs de Cheminées Poujoulat compte 10,6 milles d'avance sur son poursuivant direct (le duo Bouchard - Krauss) et relègue à près de 50 milles le binôme Seguin - Tripon, actuellement en quatrième position. Bruno Jourdren et Bernard Stamm, ne font donc pas mentir leur statut de favori. Les deux hommes tirent jusqu'ici parti de leur décalage à l'ouest mais gardent à l'oeil le duo Soldini-D'Ali, qui persiste et signe sur sa route sud et effectue un retour en flèche au classement. Ils ne sous-estiment pas non plus les tandems Bouchard-Krauss et De Lamotte-Hardy qui progressent en embuscade sur des positions plus médianes. Car comme l'a rappellé le skipper Suisse la vacation ce midi, " ce n'est que le début de la transat, il faut surveiller et voir comment cela va évoluer ". Pour l'heure, Cheminées Poujoulat poursuit sa route, toujours au près mais avec du vent un peu moins fort que la veille : " Dans le gros de la tempête, nous avons eu jusqu'à 45 noeuds. Nous avons connu deux ou trois petits soucis techniques, notamment des problèmes avec le matériel de communication ce qui ne nous aide pas pour faire la météo " a indiqué Bernard qui concèdait par ailleurs avoir accumulé un peu de fatigue ces dernières heures. Et pour cause, le près, chacun le sait, n'est pas une allure très confortable. Difficile en conséquence pour Jourdren et Stamm de recharger les batteries à 100%. " Nous nous relayons environ toutes les trois heures mais nous avons l'un comme l'autre du mal à trouver un sommeil réparateur. Il faut donc gérer au mieux ". D'autant qu'un nouveau front, est annoncé. En effet, après la violente dépresssion qui a balayé la flotte hier et provoqué cinq abandons, un nouveau système pointe le bout de son nez. Il devrait croiser les concurrents de la Solidaire du Chocolat en fin de journée aux abords du Portugal et générer des vents de 30-35 noeuds avec des rafales jusqu'à 55 noeuds. Cet épisode délicat ne devrait durer que quatre à six heures mais par son intensité, il demandera encore beaucoup de vigilance aux équipages. A suivre donc.
Fanny Evenat (RIVACOM)
Bulletin météo du 21 Octobre |
21/10/09 - 12:01 - Une autre dépression Beaucoup plus petite, beaucoup plus rapide, mais aussi violente! Ce sont bien les qualificatifs qui conviennent pour décrire la prochaine dépression qui va traverser la trajectoire de la flotte de la Solidaire du Chocolat Une dépression, qui se déplace à 40 nds (presque 80 km/h ) et qui va générer des vents de 30/35 nds (60 à 70 km/h) et des rafales à 55 nds (100 km/h), va croiser les concurrents en toute fin de journée aux abords du Portugal. Le vent d'ouest, nord-ouest va donc revenir au secteur sud-ouest à ouest temporairement en soirée en fraîchissant. Cet épisode violent ne devrait durer que 4 à 6 heures au vue de la vitesse de déplacement de ce système dépressionnaire.
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Communiqué du 20.10.09
Plongée vers le sud
La nuit a été rude pour la flotte des 40 pieds engagés dans la Solidaire du Chocolat.
Des rafales à 50 nœuds dans une mer démontée auront eu raison trois équipages qui ont dû abandonner. Cheminées Poujoulat, est pour sa part toujours en course et travail à conserver sa place de leader convoitée par deux poursuivants motivés qui pointent à moins de 7 milles derrière. Après cette nuit difficile ponctuée par les paquets de mer qui s’abattaient sur le bateau, Bernard et Bruno ont plongé dès le petit matin en direction du sud. Vivement les alizées !
Fanny Evenat (RIVACOM
Deux abandons dans la tempête
20/10/09 Au coeur de la tempête, les 48 skippers de la Solidaire, vivent des heures difficiles. Comme prévu, cette nuit, le vent est rapidement monté dans les tours, il a basculé violemment au sud-ouest. Dans ces conditions rugueuses et musclées, au près dans la tempête, deux équipages sont contraints à l'abandon : les Conquérants de Normandie (Lepesqueux-Monnet) et Jardin Bio (Parnaudeau-Maslard) font tous deux route vers leur port d'attache. De leur côté, les tandems de Cheminées Poujoulat (Jourdren-Stamm), Pôle Elior Santé (Bouchard-Krauss) et Initiatives-Novedia (De Lamotte-Hardy), ne font pas mentir de leur statut de gros bras de la brise. Ce trio de duos réunis en moins de 8 milles ouvre la marche dans le plus fort du coup de vent...
Le choc est frontal et équipages ne doivent pas ménager leur peine sur les eaux du golfe de Gascogne, dont la réputation n’est plus à faire au passage d’une dépression automnale. Comme tant craint et redouté, deux équipages, pourtant rodés mais néanmoins violemment malmenés sur les coups des deux heures cette nuit, doivent renoncer à poursuivre.
Deux retours au port
« Nous avons décidé d'abandonner. De nombreux problèmes techniques (la perte de l'aérien NKE, des problèmes d'étai de trinquette…) nous poussent à mettre fin à cette Solidaire », écrit Marc Lepesqueux. Et le skipper normand de poursuivre : « J'ai de plus subi une forte douleur pectorale lors de la manoeuvre de prise du troisième ris. Nous faisons route vers la Normandie dans 35-45 noeuds de vent de Sud, Sud-Ouest. C'est une décision difficile à prendre, c'est mon premier abandon. Nous étions venus avec la ferme intention d'obtenir un résultat, et notre comportement dans la flotte le montrait bien. »
Même sanction pour les deux compères de Jardin Bio, qui ont également subi un choc violent vers 2h30, dans un creux après le passage d'une vague juste après le virement de bord à l'arrière du front. La structure du bateau est délaminée à l'avant. Benoît Parnaudeau et Stanislas Maslard ne désirent pas d'assistance, ils font route vers La Rochelle.
Brut et amer
Pour les autres, les 44 skippers encore en course, pas de recette magique qui tienne dans ces conditions qui obligent à une vigilance de tous les instants. « Pour la navigation dans la baston, on va continuer à mettre du sud dans notre route jusqu'à ce que l'on soit obligé de gérer le coup de vent de sud-ouest. Là, on fera de l'ouest puis après le passage du front si on est assez loin du cap Finisterre, on enverra plein sud ! » explique Erik Nigon à bord d’Axa Atout Cœur pour Aides. Quelques heures plus tard, il l’a suivie au pied de la lettre : « Nous avons viré derrière le front. Nous allons bien mais pas mal de bricoles à faire quand se calmera. Nous avons toujours du vent. Et surtout, ça tape. Vive les vacances ! » Voilà pour l’ambiance de cette nuit dantesque. Néanmoins, difficile de ne pas souligner que, pour l’heure, le gros des troupes courbe l’échine et s’en sort la tête haute. Skippers professionnels et amateurs confondus font tous preuve d’un formidable sens marin dans ce début de Solidaire du Chocolat… pourtant brut et sacrément amer…
Communiqué du 18.10.09
Bon départ !
Les premiers jours de course s’annoncent déjà techniques et parfois assez musclés, deux dépressions sont prévues rapidement et des vents forts sont attendus dès la deuxième nuit. Il y aura des choix à faire et des occasions à ne pas manquer.
Ces deux derniers jours, Bruno Jourdren et Bernard Stamm ont passé de longs moments à étudier la météo, et savent à quoi s’en tenir pour les prochains jours. Une vision plutôt claire et commune pour les deux compères, mais qui ne s’exprime pas vraiment de la même façon.
Bruno, la synthèse
« Ca part au portant plutôt bâbord. Puis ça refuse et ça part au près. Derrière ça, un coup de vent au passage de front, beaucoup de mer et puis ça glisse, ou pas, jusqu’au Cap Finisterre. »
Bernard, la technique
« Nous allons avoir un départ au portant avec un vent d’est qui va tourner au fur et à mesure jusqu’à des allures de près. Il faudra donc bien profiter des premières 24 heures pour faire de la vitesse. Ensuite le schéma habituel de la descente du Golfe de Gascogne en route directe vers les alizés, sera peut-être compromis. Le front prévu prend de la place et l’anticyclone est positionné plus bas. Si on ne peut pas descendre derrière la première dépression, ça pourrait en quelque sorte relancer les dés, comme si on prenait un nouveau départ ».
À bord de Cheminées Poujoulat, Bernard et Bruno attendent désormais le départ. C’est l’occasion de vérifier que tout fonctionne à bord et d’étudier la zone de départ. Bruno qui fait confiance à Bernard pour la navigation au large, apporte ici son regard éclairé de fin régatier pour tenter de prendre le meilleur départ qui sera donné à 17 heures 30.
Fanny Evenat (RIVACOM)
Conditions idéales pour le coup de canon du départ de la première édition de la Solidaire du Chocolat : petite brise portante, mer belle, grand soleil, public nombreux sur les quais de Saint-Nazaire... Mais pour les vingt-quatre tandems qui se sont élancés pour 5 000 milles vers le Mexique à 17h50, les conditions météorologiques vont radicalement changer dès lundi soir...
À 17h50, le coup de canon libérateur résonnait devant la jetée Est du port de Saint-Nazaire avec une foule compacte le long des quais pour saluer les vingt-quatre duos en route vers le Yucatan. Début de marée descendante et vent de secteur Est de cinq à huit noeuds plantaient un décor idéal pour embouquer le chenal de la Loire et glisser rapidement vers l’eau libre. Le tandem Tanguy de Lamotte-Adrien Hardy (Initiatives-Novedia) était le plus prompt sur la ligne suivi de près par le duo Bruno Jourdren-Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat) : les deux équipages choisissaient de partir sous spinnaker tribord amure le long de la plage tandis que le gros de la flotte optait pour le spinnaker bâbord amure pour aller au milieu du chenal, peloton emmené par Damien Seguin et Armel Tripon (Cargill-MTTM) alors que les Chiliens Felipe Cubillos et Daniel Bravo Silva (Desafio Cabo de Hornos) étaient aussi dans le groupe de tête… Et dès ce dimanche soir, le rythme devrait s’accélérer avec le renforcement du vent par le Sud.
Bernard Stamm - prologue Solidaire du Chocolat
Communiqué du 16.10
A 14h, tous les Class 40 ont quitté le ponton du bassin de la base sous marine et rejoint la baie de Saint-Nazaire, où souffle un léger flux de Nord-Est d’une dizaine de nœuds. A 15h30 sera donné le départ du prologue. Cette régate d’ouverture sur un parcours de 14 milles n’a pas de valeur sportive. En revanche, elle représente une occasion privilégiée pour les 24 duos, qui ont pu embarquer jusqu’à quatre équipiers, de procéder aux derniers réglages avant le coup d’envoi la course qui sera donné dimanche, à 17 heures.
Cheminées Poujoulat était le premier à franchir la ligne de départ du prologue de la Solidaire du Chocolat. Resté proche de l’alignement, le duo franco-suisse Bruno Jourdren et Bernard Stamm envoyait le spinnaker au coup de canon et glissait rapidement vers la bouée Elluer, marque à contourner avant de revenir vers le port de Saint-Nazaire. Derrière, le tandem Tanguy de Lamotte-Adrien Hardy menait le peloton des poursuivants en compagnie des Finlandais Jouni Romppanen et Sam Ohman et de Erik Nigon et Marc Jouany
Prologue paisible ce vendredi après-midi : dès le coup de canon donné, le duo Bruno Jourdren-Bernard Stamm prenait la poudre d’escampette… Le tandem Tanguy de Lamotte et Adrien Hardy revenait toutefois dans leur tableau arrière, les dépassait au passage de la bouée Elluer mais perdait le contrôle au près. Le duo franco-suisse s’imposait au final sur la ligne d’arrivée. Dans une brise de secteur Est d’une huitaine de nœuds, le parcours raccourci à une dizaine de milles était donc avalé en un peu moins de deux heures…
Classement du prologue Solidaire du Chocolat
1- Bruno Jourdren-Bernard Stamm (Cheminées Poujoulat)
2- Tanguy de Lamotte-Adrien Hardy (Initiatives-Novedia)
3- Marc Lepesqueux-Jean Charles Monnet (Les Conquérants de Normandie)
1000 Milles Brittany Ferries
Communiqué du 12/09/2009 à 00:26
Cheminées Poujoulat a franchi en vainqueur la ligne d'arrivée à St Malo à 00 h 03 min et 40 s. et remporte ainsi les 1000 Milles Brittany Ferries
Deux fois la route, trois fois la peine, c’est ainsi que les marins qualifient la navigation au près. Et c’est le cas de cette 1000 milles Brittany Ferries qui s’est déroulée au plus près du vent, de Saint Malo à Plymouth en passant par Santander pour rallier Saint Malo. Une course tactique et compliquée qui a sacré Bruno Jourdren et Bernard Stamm sur Cheminées Poujoulat ce soir à minuit 3 minutes et 40 secondes à Saint Malo, après trois victoires d’étapes.
Pas grisant, mais intéressant
« La prochaine fois, on la fera dans l’autre sens » plaisantait Bruno Jourdren à l’arrivée cette nuit à Saint Malo, après une épreuve qui aura vu le vent tourner et encore tourner au fur et à mesure que les Class40 changeait de cap… Et toujours de face ! « Ce n’était pas vraiment grisant reconnaissait Bernard Stamm, mais c’était intéressant. Il fallait être toujours dessus et c’est bien d’être complémentaire pour se relayer le plus possible, c’est quand même la clef de la course au large. Ça ne sert à rien d’être à fond sur 200 milles si c’est pour s’écrouler ensuite. On a barré, fait la navigation et réglé les voiles à tour de rôle et tout s’est formidablement bien passé».
Cheminées Poujoulat au top !
Bien préparé, le Class40 aux couleurs de Cheminées Poujoulat a été un allié de taille pour remporter les 1000 milles. « On rentre avec un bateau qui pourrait repartir aussitôt » se réjouit Bruno Jourdren. «En plus, comme on a dû faire 10 minutes de spi, au moins, ces voiles-là ne sont pas usées. Nous n’avons rien cassé d’important, il n’y aura rien à réparer de lourd, juste de l’optimisation pour la Solidaire de Chocolat qui est notre objectif de la saison. C’était une bonne mise en jambes et comme nous deux ça fonctionne bien, il n’y a pas de raison de s’inquiéter. J’aime bien naviguer avec des copains. L’an passé c’était avec Kito de Pavant et nous avions gagné aussi. Si nous revenons l’an prochain, j’espère que ce sera dans des conditions météo plus sympas».
Les poursuivants se font attendre
Les deux prochains Class40 attendus à Saint Malo, couperont la ligne en début de matinée. Il s’agit de Zed 4 et Techneau qui accusaient respectivement 50 et 70 milles de retard alors que Cheminées Poujoulat franchissait la ligne en vainqueur de la 1000 milles Brittany Ferries.



